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LFR 2026 : Sanou Dione demande au Premier ministre de publier la liste des projets reportés

Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre, l’ancien député Sanou Dione réclame des explications détaillées sur les arbitrages du projet de loi de finances rectificative. Il veut notamment connaître le sort des investissements publics et les ressources réellement mobilisées dans le cadre du Plan de redressement économique et social.

Le deuxième rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par la Commission des finances et du contrôle budgétaire continue de susciter des réactions. Dans une lettre ouverte au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, Sanou Dione, ancien député et aujourd’hui membre de PASTEF-Les Patriotes, estime que les choix budgétaires doivent être expliqués plus précisément aux Sénégalais. Il présente le rejet en commission comme le signe d’une défiance à laquelle le gouvernement doit répondre par la transparence. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a pris acte de ce deuxième rejet, intervenu le 30 octobre, tout en affirmant avoir transmis des réponses et des pièces justificatives aux députés.

Au cœur de l’interpellation figure la baisse de 555 milliards de FCFA des crédits de paiement destinés aux investissements dans le projet de LFR. Sanou Dione demande que le gouvernement publie, pour chaque projet concerné, son coût, sa localisation, son nouveau calendrier et les financements prévus. Il cite notamment les « autoroutes de l’eau », les centres de santé et la relance de la SONACOS parmi les engagements sur lesquels il attend des précisions. Le Premier ministre a lui-même évoqué la réduction de 555 milliards lors de sa présentation des arbitrages budgétaires.

L’ancien parlementaire s’interroge également sur l’avenir du Plan de redressement économique et social (PRES). Le projet de LFR ramène les recettes attendues de ce plan à 311,5 milliards de FCFA, contre 762,9 milliards inscrits dans la loi de finances initiale. Sanou Dione veut savoir quelles ressources ont effectivement été encaissées et quelles dépenses ont été différées. Il demande au gouvernement de préciser si ces ajustements modifient les priorités du plan.

Les subventions à l’énergie constituent l’autre grand poste de tension. Selon la Direction générale du Budget, leur enveloppe passe de 250 à 790,3 milliards de FCFA, soit une hausse de 540,3 milliards. Le gouvernement justifie cette évolution notamment par l’augmentation du cours du pétrole et les besoins de soutien au secteur. Dans sa lettre, Sanou Dione ne conteste pas la nécessité de débattre des subventions, mais demande que toute réforme de leur ciblage repose d’abord sur une identification fiable des ménages vulnérables et sur des mécanismes de contrôle.

Il critique enfin une politique sociale qui, selon lui, accorderait trop de place aux bourses familiales sans répondre suffisamment aux besoins de santé, d’éducation, d’eau, d’énergie et d’emploi. Cette appréciation est celle de l’auteur de la lettre. Parmi ses demandes figurent une clarification publique des engagements pris auprès du FMI et un débat national associant l’Assemblée nationale, les collectivités, les syndicats et le secteur privé.

Le gouvernement soutient, de son côté, que la loi de finances rectificative est nécessaire pour adapter le budget aux ressources disponibles et couvrir les dépenses prioritaires. Il se dit disposé à poursuivre les échanges lors de la prochaine séance plénière. La question posée par la lettre de Sanou Dione demeure celle du détail des arbitrages : quels projets attendront, pour combien de temps et avec quelles conséquences pour les populations ?

 

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