Grève générale annoncée : le gouvernement défend son bilan et prévient contre les débordements
À deux jours de la grève générale prévue les 21, 22 et 23 octobre, le gouvernement a présenté, ce lundi, l’état d’avancement de ses engagements sociaux. Au Building administratif Président Mamadou Dia, les ministres ont alterné appels au dialogue, annonces sectorielles et mise en garde contre le non-respect des procédures encadrant le droit de grève.

Le gouvernement veut convaincre les organisations syndicales de poursuivre les négociations. Lors de son point de presse du 19 octobre, consacré au climat social national, son porte-parole, Bacary Sarr, a présenté l’exercice comme une démarche de transparence destinée à expliquer les réponses apportées aux revendications des travailleurs. L’exécutif réaffirme sa disponibilité à rechercher des compromis et appelle les centrales syndicales à privilégier l’apaisement.
Cette communication intervient après la réunion du comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale, présidée le 15 octobre par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Celui-ci avait demandé la suspension du mouvement annoncé et proposé un moratoire de trois mois sur les grèves, afin de laisser les discussions et l’exécution des engagements progresser.
Pacte social : 42 % des engagements réalisés, selon Dianté
Principal chiffre avancé : 35 des 84 activités inscrites au titre des engagements gouvernementaux ont été entièrement réalisées, soit un taux de 42 %, selon Mamadou Lamine Dianté, ministre de la Fonction publique et du Travail. Vingt-cinq autres sont en cours d’exécution.
Le ministre estime que leur achèvement permettrait de porter le taux de réalisation à environ 71 %. Ce niveau reste donc un objectif, distinct du bilan des actions déjà terminées. Il rappelle également que le suivi s’effectue par semestre et que le second semestre de 2026 n’est pas encore achevé.
Le droit de grève encadré, la liberté de travailler garantie
L’appel au dialogue s’accompagne d’un avertissement. Mamadou Lamine Dianté a annoncé que l’État prendrait les dispositions nécessaires pour préserver la circulation des biens et des personnes ainsi que l’accès au travail des salariés.
Il a également évoqué d’éventuelles sanctions disciplinaires en cas de non-respect des procédures légales encadrant la grève. Le gouvernement maintient ainsi sa volonté de négocier tout en insistant sur la continuité du service public et le respect des règles applicables aux mouvements sociaux.
Justice : le reclassement reste le point de blocage
Dans le secteur de la justice, Me Moussa Sarr affirme que près de 90 % des points du protocole d’accord signé le 7 août 2025 avec les organisations syndicales ont été exécutés. Il a notamment fait état de la formation de 546 agents au Centre de formation judiciaire.
Le désaccord persistant concerne les modalités de reclassement. L’administration propose un indice égal ou immédiatement supérieur, tandis que les syndicats souhaitent le maintien des grades des agents concernés. Le garde des Sceaux assure que les échanges se poursuivent pour parvenir à un compromis.
Santé : des recrutements attendus, l’indemnité de logement en discussion
Le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, a annoncé que le recrutement autorisé de 2 500 agents devrait être finalisé avant la fin du mois d’octobre. Une demande supplémentaire portant sur 3 000 agents a également été formulée.
L’extension de l’indemnité de logement demeure toutefois un dossier sensible. Elle concerne 7 365 agents, pour un coût estimé à 8,8 milliards de FCFA. Selon le ministre, les possibilités d’une prise en charge progressive sont examinées par les services du Budget. Ibrahima Sy a appelé à la levée du mot d’ordre de grève et insisté sur la préservation de l’accès aux soins, particulièrement aux urgences.
Senelec : les primes attendent l’arbitrage présidentiel
Concernant les primes réclamées par les agents de la Senelec, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a annoncé qu’un consensus avait été obtenu au terme des concertations menées avec les parties concernées.
Les conclusions ont été transmises au président de la République. Aucune décision définitive sur le paiement n’a cependant été annoncée : le dossier reste soumis à son arbitrage.
Le Budget promet de préserver les acquis
Bassirou Sarr, ministre chargé du Budget, a pour sa part assuré que la préservation des salaires et des acquis des travailleurs demeurait une priorité malgré les contraintes financières. Il a notamment évoqué le financement des recrutements dans la santé et les dispositions relatives au recrutement de 500 enseignants dans l’enseignement supérieur.
Au terme de cette prise de parole, plusieurs dossiers restent donc ouverts : reclassement dans la justice, indemnité de logement dans la santé et primes à la Senelec. Le gouvernement met en avant les avancées réalisées et les négociations en cours. L’enjeu des prochains jours sera de savoir si ces réponses permettront de rapprocher les positions avant les trois journées de grève annoncées.
