Fonds spéciaux : Sonko menace de bloquer le budget, le bras de fer change de dimension
« Les choses sérieuses commencent. » Ousmane Sonko annonce une nouvelle étape dans la bataille pour l’encadrement des fonds spéciaux. Le leader de PASTEF entend conditionner le vote des lois de finances à la prise en compte de cette exigence, quelques jours après la censure d’un texte parlementaire par le Conseil constitutionnel.

La bataille autour des fonds spéciaux pourrait désormais se jouer sur le terrain budgétaire. Ce lundi 19 octobre, Ousmane Sonko a tenu un point de presse au King Fahd Palace, à Dakar, dans le cadre d’une rencontre des instances de PASTEF-Les Patriotes. Une prise de parole qui intervient alors que les relations entre la majorité parlementaire et l’Exécutif restent marquées par plusieurs désaccords institutionnels.
« Les choses sérieuses commencent. Nous bloquerons toute loi de finances initiale ou rectificative si elle ne prend pas en compte l’encadrement des fonds spéciaux », a déclaré Ousmane Sonko, selon l’extrait transmis à Flash24.
Le message pose une condition politique claire : l’encadrement de ces crédits doit trouver une traduction dans les textes budgétaires soumis aux députés. Si cette position est suivie d’effet, elle pourrait compliquer l’adoption des prochains projets de loi de finances.
L’avertissement intervient à un moment particulièrement sensible du calendrier parlementaire. À l’ouverture de la session ordinaire, le 13 octobre, l’Assemblée nationale avait annoncé avoir reçu le projet de loi de finances rectificative pour 2026 ainsi que le projet de loi de finances pour 2027. Le chef de l’État avait demandé l’inscription prioritaire du collectif budgétaire de 2026.
Cette nouvelle offensive survient quatre jours après la décision du Conseil constitutionnel déclarant contraire à la Constitution la loi organique visant à renforcer l’encadrement des crédits spéciaux, adoptée le 1er octobre. Saisie par le président de la République, la juridiction a sanctionné la procédure suivie par les députés.
Au cœur de cette décision : le non-respect du mécanisme de vote unique demandé par le gouvernement. Les amendements gouvernementaux avaient été examinés séparément, puis rejetés, avant l’adoption du texte. La censure portait donc sur la procédure d’adoption ; elle ne constituait pas, à elle seule, une interdiction de principe de toute réforme des fonds spéciaux.
Parallèlement, le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes a proposé une enquête sur la gestion des fonds spéciaux de la Primature, du Conseil économique, social et environnemental et du Haut Conseil des collectivités territoriales, pour la période 2012-2026. Le dépôt de cette proposition ne signifie toutefois pas que la commission est déjà constituée.
Avec la menace d’un blocage budgétaire, le différend pourrait ainsi franchir un nouveau palier. L’enjeu dépasse désormais le sort d’un texte censuré : il touche aux conditions dans lesquelles le gouvernement pourra obtenir l’approbation parlementaire de ses choix financiers. Reste à savoir quelle traduction concrète PASTEF donnera à cet avertissement lors des prochains votes.