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Choix électoraux : Ndiaga Sylla plaide pour une alternative aux mêmes pratiques

Dans une réflexion intitulée « Le peuple vote, mais choisit-il vraiment ? », Ndiaga Sylla interroge les critères qui guident les choix électoraux des Sénégalais. Il appelle à dépasser les attachements politiques pour privilégier la compétence, l’intégrité et la capacité à servir l’intérêt général.

Changer les dirigeants suffit-il à transformer la gouvernance ? Pour Ndiaga Sylla, la question démocratique ne peut se limiter à l’identité des vainqueurs d’une élection. Elle concerne aussi les raisons pour lesquelles les citoyens leur accordent leur confiance et les pratiques qu’ils entendent promouvoir.

Son texte s’ouvre par un hommage aux électeurs qui continuent d’exercer leur droit de suffrage malgré les déceptions. « Respect aux citoyens qui, quoique souvent déçus par ceux qu’ils élisent, ne renoncent jamais pour autant à l’exercice de leur droit de suffrage », écrit-il.

Cette fidélité à la participation électorale s’accompagne néanmoins d’une interrogation : les Sénégalais sauront-ils davantage fonder leurs décisions sur des critères objectifs, plutôt que sur l’espoir et l’affection portés à un camp ou à ses dirigeants ?

Ndiaga Sylla met en garde contre une succession de pouvoirs qui reproduiraient les mêmes méthodes. Selon lui, se débarrasser d’un régime usé ne constitue pas, à lui seul, une réponse aux désillusions politiques. La rupture doit également concerner les comportements, les ambitions personnelles et les calculs qui éloignent les responsables de l’intérêt général.

« L’alternance n’a véritablement de sens que si elle s’accompagne d’une véritable alternative », souligne-t-il.

Cette exigence passe, dans son analyse, par une ouverture du recrutement politique. Ndiaga Sylla estime que le Sénégal dispose, dans différents secteurs socioprofessionnels, de personnalités compétentes, expérimentées et intègres. Il juge regrettable de restreindre le choix des futurs dirigeants à un cercle traditionnellement privilégié pour sa formation ou sa position dans l’administration.

Il appelle ainsi à revoir les critères de sélection des élites. Les titres et les fonctions occupées ne sauraient, à ses yeux, résumer la compétence ou l’expérience. Quant au patriotisme, il doit se traduire par des actes, le sens du sacrifice et le respect du bien commun.

Au cœur de cette réflexion, Ndiaga Sylla défend une distinction entre la conquête du pouvoir et la transformation des pratiques. Le changement attendu ne viendrait pas nécessairement de ceux qui souhaitent remplacer les gouvernants, mais de ceux capables de proposer et d’incarner une autre manière de servir le pays.

Son appel invite donc les électeurs à examiner autant les qualités des candidats que leur capacité à rompre avec les méthodes dénoncées. Pour lui, une alternance qui reconduit les mêmes pratiques demeure un changement de dirigeants, sans constituer une transformation du système.

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