Adama Diop « Nder » : trois fois blessé au combat, une vie au service du Sénégal
Du terrain des opérations à la communication militaire, le lieutenant-colonel Adama Diop, surnommé « Nder », a consacré sa carrière au service de la patrie. Dans l’émission « Parcours du combattant » de FDS TV, il revient sur ses engagements, ses blessures et les convictions qui continuent de l’animer.
Chez Adama Diop, le souvenir du combat se double d’une exigence : ne pas oublier ceux qui en portent les séquelles. Blessé à trois reprises en opération, cet officier défend une meilleure prise en charge des militaires invalides, des blessés de guerre et des familles de soldats disparus. Pour lui, la reconnaissance nationale doit se traduire par un accompagnement matériel, médical et moral durable.
Né à Thiès, derrière la caserne des sapeurs-pompiers, Adama Diop effectue sa scolarité dans plusieurs établissements de la capitale du rail, avant de poursuivre des études de droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. En 1976, il intègre la quatrième promotion de l’École nationale des sous-officiers d’active de Kaolack. Il rejoint ensuite la cinquième promotion de l’École nationale des officiers d’active.
Son surnom, « Nder », lui aurait été attribué par le colonel Panna Dieng, en référence à son caractère affirmé. Dans son témoignage, l’officier décrit un parcours marqué par le franc-parler et le refus de ce qu’il considère comme des injustices. Il raconte notamment avoir subi une suspension de grade et une affectation de quatre ans à Podor, vécues comme une sanction injustifiée. Ces épreuves nourrissent sa conviction que l’avancement militaire doit reposer sur des critères transparents et équitables.
Parmi ses souvenirs figure une intervention sur le fleuve Sénégal, dans un contexte de tensions avec la Mauritanie. Alors jeune sous-lieutenant, il est alerté sur la présence de familles sénégalaises retenues sur l’autre rive. Selon son récit, il traverse en pirogue pour engager des discussions avec les militaires mauritaniens. Cette initiative aurait permis le rapatriement de 189 compatriotes. Il affirme avoir ensuite refusé l’argent que des commerçants souhaitaient lui remettre, estimant avoir simplement accompli son devoir.
La Casamance occupe également une place importante dans son parcours. Adama Diop y exerce plusieurs responsabilités opérationnelles, au contact de ses hommes. Il évoque notamment une mission dans le secteur de Boffa, où son unité serait restée retranchée pendant dix-sept jours dans des conditions éprouvantes. Privés d’un accès direct à l’eau potable, les soldats creusent un puits malgré les tirs.
Son engagement le conduit aussi en Gambie, puis en Guinée-Bissau lors de l’opération Gabou, en 1998. Sur ce dernier théâtre, il est grièvement blessé par des éclats d’obus à la cheville et à la jambe. Il raconte son extraction sous les tirs, avec l’aide d’un gendarme, puis son évacuation vers l’hôpital Simão Mendes de Bissau, lui-même exposé aux bombardements.
Déclaré inapte à servir dans l’infanterie après ses blessures, il se tourne vers la communication militaire. Une autre manière de poursuivre son engagement. Des formations au Sénégal et à l’étranger lui permettent de développer des compétences en communication opérationnelle, en gestion de crise et dans les relations civilo-militaires.
Son parcours comprend également plusieurs missions sous l’égide des Nations unies : en Angola comme observateur, au Burundi comme responsable de la presse militaire, puis dans le cadre de la mission déployée en République centrafricaine et au Tchad.
Au fil de son témoignage, « Nder » rend hommage aux chefs qui l’ont marqué, notamment le général Babacar Gaye, dont il souligne l’exigence et l’empreinte sur les hommes qu’il a commandés. Il rappelle aussi les responsabilités exercées au cours de sa carrière, de chef de section aux fonctions d’état-major.
Titulaire de plusieurs distinctions, dont la médaille de la valeur militaire avec étoile d’argent et des grades dans l’Ordre national du Lion, Adama Diop conserve surtout une préoccupation : le sort de ses frères d’armes. Derrière le récit des opérations, son message demeure celui d’un officier pour qui le service de la patrie engage aussi la responsabilité de la Nation envers ses soldats.
Source : FDS TV, émission « Parcours du combattant », épisode 6.


