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Mamadou Moustapha Ba, deux ans après sa disparition, raconté par Ibrahima Ndoye

À l’occasion du deuxième anniversaire de la disparition de Mamadou Moustapha Ba, décédé le 4 novembre 2024 à Paris, Ibrahima Ndoye rend hommage à l’ancien ministre des Finances et du Budget. Le journaliste, ancien ministre et vice-président du Conseil départemental de Thiès, revient sur une amitié qui lui a aussi appris les rouages du budget de l’État.

Pour ses proches, Mamadou Moustapha Ba était « Bosquier », le surnom du footballeur de Nioro du Rip. Ibrahima Ndoye se souvient de l’avoir côtoyé à Sacré-Cœur, à l’époque où il dirigeait la Coopération internationale au ministère de l’Économie et des Finances. Des liens de voisinage est née une amitié, nourrie au fil des années par des échanges sur les dossiers de l’État et des confidences loin des bureaux du ministère.

Ce qu’il lui a transmis sur les finances publiques

« Tout ce que je sais aujourd’hui des notions et concepts de base de la haute finance, des arcanes des finances publiques plus exactement, je te le dois, Moustapha », écrit Ibrahima Ndoye. Il raconte comment l’ancien ministre lui a appris à construire un budget en tenant compte à la fois des ressources disponibles et des attentes des Sénégalais. Il retient aussi une méthode de travail : écouter, peser les arguments et confronter les décisions aux réalités du terrain.

Dans son hommage, Ndoye revient sur les tensions sociales qui ont accompagné la pandémie de Covid-19. Il décrit un homme qui travaillait loin des caméras, cherchait des solutions financières pour apaiser les différends et prolongeait souvent ses journées au ministère jusque tard dans la nuit.

La générosité comme obligation morale

Le témoignage prend un tour plus personnel lorsque l’auteur se souvient lui avoir demandé comment il répondait à tant de sollicitations. « Je n’ai pas le droit de faire autre chose que de partager », lui aurait répondu Mamadou Moustapha Ba. Pour Ibrahima Ndoye, cette confidence résume le rapport de son ami à ses responsabilités et aux moyens dont il disposait.

L’ancien ministre évoque aussi le fils qui faisait la navette entre son bureau et l’hôpital pour veiller sur sa mère malade. Il se remémore les paroles de son ami sur son épouse, Yacine, dont il saluait le soutien dans les périodes les plus éprouvantes.

De la levée du corps à l’hôpital militaire de Ouakam à l’inhumation à Nioro du Rip, Ibrahima Ndoye garde le souvenir d’un cortège qui disait l’estime portée à l’ancien argentier de l’État. Deux ans plus tard, il choisit de retenir ce que Mamadou Moustapha Ba a transmis aux jeunes cadres de l’administration. Il le dit en une image : « Le baobab du Rip est tombé, mais ses racines retiennent encore la terre. »

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