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L’APR charge le pouvoir et prépare l’après-PASTEF

Lors de sa conférence de presse du 28 octobre à Dakar, l’Alliance pour la République a dressé un bilan sévère de la situation nationale. Le parti dénonce les divisions au sommet de l’État, conteste les résultats de la politique économique et appelle à constituer un bloc d’opposition, tout en affichant son ambition pour 2029.

« Pendant que le pouvoir se dispute, le pays attend. Les Sénégalais souffrent et réclament des résultats. » Cette formule résume le message porté par l’APR lors de sa conférence de presse consacrée à la situation nationale. Pour le parti, les affrontements entre les différentes composantes de la majorité détournent le débat public des urgences économiques et sociales.

L’APR voit dans les difficultés entourant l’examen de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 le révélateur d’une crise politique profonde. Elle rappelle que le gouvernement et la majorité parlementaire ont défendu un même projet devant les Sénégalais et doivent, à ce titre, assumer leurs responsabilités communes.

Tout en reconnaissant au Parlement le droit de débattre, d’amender et de rejeter un texte, le parti estime que les rivalités de leadership ne doivent pas compromettre la continuité de l’action publique. « L’indignation d’aujourd’hui ne saurait effacer les responsabilités d’hier », affirme-t-il, en visant les dirigeants de PASTEF qui contestent désormais des orientations budgétaires précédemment portées par leur camp.

Le PRES et les finances publiques sous le feu des critiques

Sur le terrain économique, l’APR met en avant les révisions présentées dans le projet de LFR. Selon les chiffres cités dans son texte liminaire, les recettes budgétaires diminuent de 340,1 milliards de FCFA, tandis que les dépenses augmentent de 150 milliards. Le parti évoque également un déficit passant de 5,4 % à 7,6 % du PIB, une croissance révisée de 5 % à 2,7 % et une réduction de 555 milliards des investissements publics.

L’APR considère que ces évolutions interrogent la crédibilité des prévisions initiales et l’efficacité du Plan de redressement économique et social (PRES). Elle estime que les résultats de ce programme restent à démontrer et alerte sur les conséquences des restrictions d’investissement pour les chantiers, les entreprises et l’emploi.

Concernant la dette intérieure, le parti réclame un calendrier crédible de règlement des créances reconnues et exigibles. Il demande une attention particulière aux PME fragilisées par les retards de paiement de l’État.

Sur les discussions avec le Fonds monétaire international, l’APR prend acte des avancées annoncées, mais réclame des précisions sur les engagements budgétaires, les garanties de financement et les conséquences sociales du programme envisagé.

Pouvoir d’achat, énergie et accords sociaux

L’APR interpelle également le gouvernement sur sa stratégie énergétique. Elle demande des explications sur la sécurisation des combustibles, la continuité de l’approvisionnement électrique et l’évolution des tarifs des carburants et de l’électricité.

Pour le parti, le passage annoncé à des subventions ciblées doit s’accompagner d’une définition claire des bénéficiaires et des mécanismes de protection. Il insiste sur la nécessité de préserver les ménages vulnérables et les secteurs productifs.

Plus largement, l’APR exige la protection du pouvoir d’achat, le respect des accords sociaux et l’amélioration des conditions de fonctionnement des écoles et des structures sanitaires. Elle réclame aussi la publication d’un calendrier électoral transparent.

Un retour aux urnes évoqué en cas d’impasse durable

Sur le plan institutionnel, l’APR appelle à clarifier les responsabilités entre l’Exécutif et le Législatif, dans le respect de leurs prérogatives constitutionnelles. Elle estime qu’un retour aux urnes pourrait être examiné si les contradictions au sommet de l’État débouchaient sur une impasse durable, dans les conditions prévues par la Constitution.

Cette éventualité ne doit toutefois pas, selon elle, dispenser les autorités de répondre immédiatement aux difficultés des populations.

Le parti appelle enfin les forces de l’opposition à construire un bloc commun pour préparer l’après-PASTEF. Il réaffirme son soutien à la coalition Takku Wallu Sénégal et sa confiance au FDR, tout en saluant la mobilisation d’autres acteurs politiques, dont Idrissa Seck.

Sous le leadership de Macky Sall, l’APR annonce poursuivre sa réorganisation et préparer une alternative pour 2029. Elle entend fonder cette ambition sur son expérience gouvernementale, son implantation territoriale et un projet politique rénové.

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