LFR : Al Aminou Lô répond à PASTEF
Lors de la conférence de presse du gouvernement consacrée au projet de loi de finances rectificative, Al Aminou Lô a invité PASTEF à préciser ses critiques et à présenter des amendements. Il a également répondu à la perspective d’un débat avec le président de l’Assemblée nationale, en invoquant la Constitution.
Le gouvernement demande à PASTEF de traduire son opposition au projet de loi de finances rectificative (PLFR) en propositions concrètes. Face à la presse, Al Aminou Lô a interpellé le parti sur son rejet du texte en commission : « Nous demandons à PASTEF, qui a rejeté le PLFR en commission, de formuler des amendements et de préciser ce qu’il nous reproche. »
Le chef du gouvernement invite ainsi ses interlocuteurs à détailler leurs désaccords sur le contenu du projet budgétaire. Il leur demande également de transformer leur point de presse en conférence de presse, en donnant la parole aux journalistes pour répondre à leurs questions.
Sur le fond, Al Aminou Lô a livré une appréciation critique du PRES associé à Ousmane Sonko. « Le PRES n’a pas donné de rendements nécessaires », a-t-il déclaré. Dans les propos rapportés, il n’a toutefois pas détaillé les éléments chiffrés sur lesquels repose cette appréciation.
La réponse gouvernementale a aussi pris un ton plus offensif. « Dou niou ay yambar, nous ne sommes pas des paresseux », a lancé Al Aminou Lô. Il a appelé le public à examiner les déclarations qui lui sont adressées : « De grâce, prenez le temps d’analyser ce qu’on vous dit, ne croyez pas à tout ce qu’ils vous disent. »
Concernant le bras de fer budgétaire, le chef du gouvernement accuse ses interlocuteurs d’utiliser leur prérogative parlementaire pour entraver l’action de l’Exécutif. « Il y a des choses qui leur ont été refusées de par la loi. Ils prennent la seule prérogative qui leur reste : c’est de bloquer l’exécution du budget de l’État du Sénégal », a-t-il soutenu, sans préciser, dans cet extrait, les demandes auxquelles il faisait référence.
« Les Sénégalais apprécieront, mais en tant que gouvernement, nous prendrons toutes nos responsabilités », a-t-il ajouté. Aucune mesure précise n’est annoncée dans les déclarations rapportées.
Al Aminou Lô a, par ailleurs, écarté un débat avec le président de l’Assemblée nationale. « Comment pouvez-vous imaginer qu’une deuxième personnalité de l’État puisse débattre avec la troisième personnalité de l’État ? Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, je ne peux pas débattre avec vous. La Constitution me l’interdit », a-t-il affirmé. Il n’a pas cité, dans cet extrait, la disposition constitutionnelle sur laquelle il fonde cette position.
Au-delà des échanges politiques, le chef du gouvernement a insisté sur la responsabilité des institutions : « Les divergences entre institutions exigent de chacune d’elles une conscience plus aiguë de ses responsabilités. »
Entre demande d’amendements et mise en cause de la stratégie de PASTEF, cette intervention expose la position du gouvernement dans le désaccord sur le PLFR. Le débat porte désormais autant sur les choix budgétaires que sur les conditions du dialogue entre l’Exécutif et la majorité parlementaire.
