Paiements mobiles : ce qui change vraiment avec PI-SPI depuis le 2 novembre
Depuis le lundi 2 novembre, les transferts interopérables de monnaie électronique dans l’UEMOA doivent passer par PI-SPI, la plateforme de paiement instantané de la BCEAO. Au Sénégal, ce basculement concerne notamment les opérations entre un compte bancaire et un portefeuille mobile, ou entre deux établissements de paiement différents. Il modifie certains parcours dans les applications et fixe de nouvelles règles de gratuité.
PI-SPI, qu’est-ce que c’est ? Lancée en septembre 2025, cette plateforme relie les établissements financiers participants. Elle permet d’envoyer de l’argent d’un compte à un autre, même lorsque les deux clients n’utilisent pas la même banque ou le même service de paiement. Les opérations sont conçues pour être disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec une confirmation en quelques secondes. Il ne s’agit pas d’un nouveau compte à ouvrir : le client utilise le service proposé par sa banque ou son opérateur, si celui-ci l’a activé.
Ce qui a changé le 2 novembre. La BCEAO impose désormais que les transactions interopérables de monnaie électronique passent par PI-SPI. Cela ne signifie pas que tous les paiements et tous les retraits d’espèces changent de fonctionnement. Chez Orange Money, par exemple, les anciens parcours de transfert entre banque et portefeuille ne sont plus disponibles. Pour alimenter Orange Money depuis une banque, le client doit passer par la rubrique PI de son application bancaire. Pour envoyer de l’argent d’Orange Money vers une banque, il doit utiliser la rubrique PI de Max it. Orange précise que ce dernier transfert ne peut pas être effectué avec le code #144#.
Combien coûte un transfert ? Pour les transferts nationaux de monnaie électronique entre particuliers, l’envoi est gratuit jusqu’à 8 000 F CFA cumulés par jour, par utilisateur et par établissement participant. Ce seuil ne s’applique donc pas séparément à chaque opération : plusieurs envois effectués dans la journée s’additionnent. Au-delà, l’établissement peut appliquer des frais dont le taux va de 0 à 0,8 %. Il peut aussi choisir de ne rien facturer. La réception, elle, reste gratuite, quel que soit le montant ou le nombre de transferts.
La BCEAO prévoit d’étendre ces mêmes conditions tarifaires aux transferts entre pays de l’UEMOA à partir du 1er juin 2027. Cette échéance ne doit pas être confondue avec le basculement intervenu le 2 novembre 2026.
Pour l’usager, le bon réflexe consiste à vérifier que son établissement propose PI-SPI, à choisir le bon destinataire dans l’application et à contrôler son nom ainsi que les frais affichés avant de confirmer. La réussite de ce changement dépendra aussi de la facilité d’utilisation des applications et de la qualité du service offert par chaque établissement.

