Mary Teuw Niane dénonce « le vacarme » et appelle à retrouver le respect dans le débat politique
« La raison du plus bavard n’est pas toujours la meilleure. » Dans une tribune datée du dimanche 1er novembre 2026, le professeur Mary Teuw Niane met en garde contre la place prise, selon lui, par l’insulte, la calomnie et la manipulation dans le débat politique sénégalais.
Son texte part d’un constat : à force de répétition et de bruit sur les réseaux sociaux, une affirmation peut donner l’impression d’être vraie sans avoir été démontrée. Il accuse des acteurs politiques, sans les nommer, de déformer les faits, de salir des réputations et de recourir à de faux comptes pour amplifier artificiellement leurs messages.
Mary Teuw Niane décrit aussi l’effet que peuvent produire les attaques répétées contre les contradicteurs : les intimider, les isoler et, finalement, les pousser au silence. Pour lui, le nombre de soutiens affichés en ligne ne saurait remplacer la sincérité des convictions ni la force des arguments. « Cent mille applaudissements fabriqués ne valent pas dix mille convictions sincères », écrit-il.
Face à ce qu’il considère comme une dégradation du débat public, le professeur invoque des valeurs sénégalaises : le kersa, le jom, le respect d’autrui et le refus du mensonge. On peut, rappelle-t-il, combattre une idée sans humilier la personne qui la défend et contester un adversaire sans chercher à détruire sa dignité.
Sa tribune s’achève sur un appel à distinguer la popularité apparente de la vérité. Les campagnes numériques passent, soutient-il ; restent les actes, les idées et la liberté de conscience. Un plaidoyer pour une confrontation politique ferme, mais respectueuse des personnes.
