LFR 2026 : Pastef défend ses priorités sociales et réplique à Al Aminou Lô
Au lendemain du rejet du projet de loi de finances rectificative en commission, Pastef-Les Patriotes a défendu sa position, ce dimanche 25 octobre, lors d’un point de presse à Dakar. Ses responsables contestent les choix budgétaires du gouvernement et dénoncent le ton employé par le Premier ministre à l’égard des députés.
Au cœur des critiques : la place accordée aux investissements dans les services publics. Le président du groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, a notamment dénoncé ce qu’il présente comme une suppression des crédits destinés à la résorption des abris provisoires dans les écoles. Pour le parlementaire, ce programme constitue une priorité dans la lutte contre les inégalités scolaires. « On ne peut pas sacrifier l’éducation », a-t-il déclaré.
Ayib Daffé a également contesté l’idée selon laquelle les députés chercheraient à entraver l’action gouvernementale. Il affirme que son groupe reste ouvert au dialogue, mais refuse des arbitrages susceptibles, selon lui, de pénaliser les populations. Tout en reconnaissant l’utilité des bourses de sécurité familiale, il estime que les transferts financiers doivent s’accompagner d’investissements dans les écoles, les structures sanitaires et les routes.
Sur le terrain politique, El Malick Ndiaye a mis en cause la cohérence de l’appel au dialogue lancé par Ahmadou Al Aminou Lô. L’ancien président de l’Assemblée nationale reproche au chef du gouvernement des propos qu’il juge dévalorisants envers les parlementaires de Pastef, notamment sur leur maîtrise du français. Selon lui, des échanges constructifs supposent d’abord le respect mutuel entre les interlocuteurs.
Le député Amadou Ba a, pour sa part, répondu à l’invitation du Premier ministre à ouvrir la rencontre aux questions des journalistes. Il a estimé que le chef du gouvernement devait se concentrer sur le fond du dossier. Il lui a aussi demandé de rendre publics les éventuels éléments qu’il détiendrait contre Ousmane Sonko, tout en dénonçant ce qu’il considère comme des menaces.
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre avait défendu les arbitrages de l’exécutif par la baisse des recettes publiques et l’augmentation de certaines charges, notamment les subventions énergétiques. Il avait appelé les députés à privilégier le dialogue institutionnel et à présenter des amendements précis.
Le désaccord demeure donc entier sur les priorités du budget rectificatif. Après son rejet en commission vendredi, le texte doit être examiné en séance plénière mardi 27 octobre. Cette étape permettra de mesurer si les appels au dialogue peuvent encore déboucher sur un compromis entre l’exécutif et la majorité parlementaire.