Dette et tensions politiques : Seydi Gassama appelle Diomaye et Sonko au dialogue
Seydi Gassama plaide pour un dépassement des affrontements politiques face aux difficultés financières du Sénégal. Dans une contribution intitulée « Dialoguer au nom de l’intérêt supérieur de la Nation », il invite Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko à rechercher un compromis et à contenir les positions radicales de leurs camps respectifs.
« Il est impératif de dialoguer pour sortir le pays du gouffre de la dette », affirme-t-il. Pour Seydi Gassama, les désaccords autour des réformes et des choix économiques ne doivent pas empêcher la construction d’une position nationale permettant de négocier avec les partenaires financiers.
Un dialogue au-delà des deux camps
Son appel dépasse une rencontre entre les principaux protagonistes. Il propose des échanges entre le gouvernement et l’ensemble des forces politiques représentées à l’Assemblée nationale, mais également celles qui n’y siègent pas. Les centrales syndicales et les mouvements d’élèves et d’étudiants pourraient aussi être associés à cette démarche.
Seydi Gassama avance une autre proposition : intégrer des experts de l’opposition parlementaire aux délégations gouvernementales chargées de négocier avec les créanciers. Il y voit un moyen de renforcer l’unité du front politique interne autour des intérêts du pays.
La recherche du compromis comme exigence
Pour défendre cette approche, il établit un parallèle avec les États-Unis, où les divergences entre la présidence et le Congrès peuvent provoquer des blocages budgétaires. Il estime que cette configuration offre une comparaison plus pertinente que les cohabitations françaises pour comprendre les tensions institutionnelles sénégalaises.
Dans sa lecture, la singularité de la situation tient à la rupture entre le président de la République et le parti dont il est issu, sur fond de désaccords concernant les réformes et la gestion de la dette.
Un appel à la responsabilité
Seydi Gassama demande aux deux dirigeants d’adopter des postures d’hommes d’État et de faire prévaloir l’intérêt général. Il critique les discours de confrontation, aussi bien dans les rangs de PASTEF que parmi les soutiens du président réunis au sein de KIIRAAY.
Signant sa contribution comme citoyen sénégalais et victime des programmes d’ajustement structurel des années 1980 et 1990, il rappelle les conséquences sociales que peuvent entraîner les choix économiques.
Son message distingue ainsi deux échéances : rechercher aujourd’hui un compromis pour répondre aux difficultés du pays, puis laisser les citoyens départager les projets politiques au moment des élections. « Lorsque le temps des élections arrivera, le peuple souverain tranchera », conclut-il.